Quiconque prétend s’ériger en juge de la vérité et du savoir 
s’expose à périr sous les éclats de rire des dieux 
puisque nous ignorons comment sont réellement les choses 
et que nous n’en connaissons que la représentation que nous en faisons.

Albert Einstein

Il y a des vérités que l’on cherche, sans fin. Sans jamais qu’aucune d’entre elles n’épuise la quête. Et puis, il y a celles qui s’imposent sans autre argument que la prétention de l’universel, voire d’un absolu parfois venu d’ailleurs. Il y a celles que l’on trouve au terme d’un minutieux travail d’enquête ou d’expérimentation ponctué d’expertises, de preuves ou de contre-argumentations. Celles aussi dont on rêverait qu’elles puissent exister, simplement pour se poser, juste pour un temps, celui de calmer une angoisse passagère. Il y a aussi celles qu’on raconte — qu’on se raconte aussi — avec l’espoir secret de convaincre d’autres de partager nos récits. Et puis il y a celles que l’on cache parce qu’on en sent la force, attendant le temps opportun pour les partager. Il y a celles aussi qu’on instrumentalise, enivré par leur pouvoir. Celles qu’on impose, parfois même avec violence…

Quel rapport les humains entretiennent-ils avec la ou les vérités ? Rien que les déterminants utilisés pour définir la vérité par rapport à soi peuvent suffire à donner une première indication sur ce rapport. Si, après l’énoncé d’une proposition je dis « c’est ma vérité », ce n’est évidemment pas la même chose que si je dis : « c’est la vérité ». 

Tout le monde tient un certain nombre de choses pour vraies. Mais selon quels critères ? Les raisons sont-elles toujours objectivables ? Et pourquoi certains choix convictionnels s’inscrivent-ils d’emblée dans la pluralité pour les un·e·s et dans l’exclusivité pour les autres ? Tant de combats et d’affrontements au nom de « la » vérité. N’existe-t-il vraiment aucune clé pour permettre à certains d’être évités ?

Ce que l’homme appelle vérité, c’est toujours sa vérité, 
c’est-à-dire l’aspect sous lequel les choses lui apparaissent.

Protagoras

Entre revendication d’absolu ou d’universel et relativisme complet, les vérités s’accrochent aux connaissances, aux croyances et aux espoirs humains, parfois dans une confusion totale de leurs niveaux de langages. Pourquoi, aujourd’hui encore, opposer des vérités purement idéologiques avec autant de force que s’il s’agissait de connaissances ?

Être protestant, c’est avoir des convictions, 
penser que la question de la vérité est très importante, 
mais que la vérité suppose la liberté, 
et que si l’on n’est pas libre, on ne peut plus penser en vérité.

Jean Baubérot

La FUTP propose une journée d’étude pour interroger les rapports que l’être humain entretient avec  les vérités. 

En matinée, nous clarifierons, dans un premier temps, le champ du questionnement par la distinction des niveaux de langages et les axes autour desquels s’articulent les propositions de vérités. Ensuite nous interrogerons les mécanismes humains qui se mettent en place dans la construction des rapports à ces propositions, à la fois dans leur énonciation, mais aussi dans leur réception.

Ensuite, nous interrogerons la démarche critique des textes fondateurs. À quel moment peut-on s’attendre au dévoilement d’une vérité ? Enfin, nous questionnerons le discours théologique. Comment peut-il nous aider dans l’énoncé de vérités qui entre en résonance avec les nôtres ?

Pour nous guider dans ces champs de réflexion, en matinée, nous écouterons les interpellations d’un philosophe (Bernard FELTZ, UCL), d’un psychiatre (Jean-Pierre LEBRUN), d'un économiste (Jean-Luc DEMEULEMEESTER), d’une exégète (Priscille DJOMHOUÉ, FUTP) et d’un théologien (Christophe CHALAMET, Uni. Genève), tous deux protestants.

L’après-midi se succéderont des prises de paroles situées. Les intervenant·e·s donneront leur éclairage sur cette thématique à la lumière de leur expérience professionnelle. Ils·elles aborderont leur présentation, à la fois, par le biais des compétences qu’ils·elles développent, chacun·e dans leur domaine, mais aussi par la compréhension qu’ils·elles ont du rapport que les personnes, avec lesquels leur métier les met en relation, entretiennent avec la ou les vérité(s). Nous souhaitons élargir la réflexion à d’autres domaines que la seule sphère théologique ou religieuse. Aussi réunirons-nous cinq personnes : Cécile DUMORTIER (Présidente de chambre honoraire 
près la cour d'appel de Liège), Alain KENTOS (médecin hématologue au Centre Hospitalier Jolimont), Benoît MARIAGE (cinéaste, réalisateur, professeur à l’IAD), Catherine ERNENS (journaliste à Moustique), Georges QUENON (pasteur à l’Eglise Protestante Unie de Belgique).

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